La gestion du stress

La gestion du stress est un domaine que l’acouphénique chronique se doit de connaître. L’acouphène chronique a tous les caractères d’un agent stresseur, l’un deux, et non des moindres, étant que le patient n’a aucune possibilité de contrôle sur lui.

L’intérêt d’un traitement même momentané, par les benzodiazépines ou encore de l’adaptation d’un appareil auditif, est de lui redonner un certain degré de contrôle, ce qui est tout à fait bénéfique si l’on veut que le patient progresse dans la maîtrise de son handicap.

Car c’est bien là le but de la prise en charge : c’est avant tout d’obtenir un contrôle de l’acouphène plus que sa complète disparition, ce qui est plus rare et plus aléatoire.

Reprendre le contrôle

C’est donc un élément fondamental de ne plus subir passivement la situation. Combien de patients se plaignent que la seule chose qu’on ait trouvée à leur dire était de « faire avec ». « Faire avec » suppose de s’adapter contre son gré à la situation, de s’en accommoder, alors que le « faire face » suppose une attitude plus active de faire front, tenir tête à l’acouphène.

C’est celle-là qu’il faut s’efforcer de mettre en oeuvre.

Cela suppose de reprogrammer toute une série de structures (centres sous-corticaux, cortex auditif, système limbique, cortex pré-frontal) profondément engagées dans la reconnaissance et l’entretien de l’acouphène.

La relaxation

L’anxiété induite par l’effet stressant de l’acouphène entretient une tension centrale qui s’oppose à la mise en place de l’habituation. La première étape est d’apprendre au sujet à réduire cet état de tension.

Cela fait appel à des techniques de relaxation musculaire, de contrôle de la respiration.

Il y a plusieurs techniques de relaxation :

L’un des plus connues est celle de E.Jacobson :

Elle est basée sur une prise de conscience des états de contraction et de relâchement musculaires. L’apprentissage de cette perception se fait par des exercices qui consistent à contacter fortement et successivement un certain nombre de groupes musculaires pour apprendre à les relâcher sensuite.

Le sujet peut ainsi, petit à petit, au long des séances, arriver à un état de relâchement profond qu’il peut apprendre à compléter par des évocations imaginaires, sources de détente.

Une autre méthode a été décrite par un psychanalyste allemand du nom de J.H Schultz. Elle a pour nom training autogène.

J.H Schultz

J.H Schultz

C’est aujourd’hui la méthode de relaxation scientifique la plus répandue à travers le monde. Elle consiste à induire un certain nombre de sensations comme la lourdeur musculaire, la sensation de chaleur, le ralentissement cardio-respiratoire et la sensation de fraîcheur au niveau du front.

Comme pour la méthode de Jacobson, le sujet doit d’abord apprendre à prendre conscience de ces sensations avant de pouvoir les provoquer. De la même façon, il est ensuite invité à invité à imaginer des situations agréables pour parfaire son état de relaxation.

D’autres méthodes existent. La façon de procéder est toujours la même : apprendre la technique auprès d’un instructeur et s’entraîner régulièrement, chaque jour, pour la maîtriser complètement et pouvoir s’en servir chaque fois que c’est nécessaire.

Un bon apprentissage permet d’aboutir rapidement à un bon état de relaxation. Il s’agit de relaxation dite minute, très utile en matière de gestion du stress car immédiatement accessible et pouvant s’utiliser n’importe où, par exemple lorsque l’acouphène, pour une raison ou un autre, vient à se renforcer de façon pénible.

Si vous êtes bien entraîné, vous pourrez ainsi dépasser ce moment stressant.

Le biofeedback

Ces techniques de relaxation peuvent être couplées avec des techniques de biofeedback que l’on pourrait traduire en français par techniques de rétroaction biologique.

Il s’agit d’obtenir la maîtrise de fonctions qui, en principe, échappent à notre contrôle volontaire, comme par exemple le rythme cardiaque. Ces méthodes consistent à capter le signal physiologique voulu et à le transformer en signaux auditifs ou visuels, fournissant ainsi au sujet une information sur le processus à maîtriser. Le sujet peut alors prendre conscience d’une fonction physiologique involontaire et s’entraîner à la modifier.

Pour la relaxation, on utilise la contraction musculaire. On peut mesurer le tonus musculaire par des électrodes placées sur un muscle et utiliser soit un système lumineux de diodes dont la luminosité se réduit au fur et à mesure que le muscle se détend, soit un système sonore, dont l’intensité diminue avec la détente musculaire. De telles techniques peuvent être une aide à l’apprentissage de la relaxation de permettre un entraînement plus rapide.

La relaxation est antagoniste de la réaction de stress

Les réactions physiologiques qu’elle induit, telles que le détente musculaire, le ralentissement de la respiration ou encore du rythme cardiaque, sont à l’opposé des réactions de stress. C’est donc un puissant moyen de lutte contre les moments d’anxiété et de stress.

 


Vous aimez cet article ? Partagez le ! :)