Les médicaments

Les Vasodilatateurs

Ce sont les médicaments les plus couramment prescrits. Ils favorisent l’oxygénation tissulaire. Ils peuvent être une réponse à l’acouphène aigu, ils sont rarement utiles dans l’acouphènes chronique, qui est plus invalidant.

Dans l’acouphène aigu, typiquement après un traumatisme sonore, il y a une souffrance de l’oreille interne et dans ce cas là les vasodilatateurs peuvent avoir une action à condition de les utiliser le plus rapidement possible.

Le problème est différent dans l’acouphène chronique où la souffrance de l’oreille interne n’est plus au premier plan, elle est en quelque sorte dépassée par tous les phénomènes centraux qui se sont mis en place avec notamment la mise en jeu du système émotionnel et du système nerveux végétatif.

Cependant, il peut arriver que l’ORL décide la prescription de vasodilatateurs dans le cadre d’un acouphène chronique, bien souvent parce qu’il existe un déficit auditif associé et que ces médicaments peuvent avoir un rôle protecteur de l’oreille freinant l’aggravation du déficit.

Ils deviennent donc dans ce cas un complément au traitement de l’acouphène chronique proprement dit.

Les molécules de l’avenir

Les années qui viennent vont sûrement nous apporter d’autres molécules actives au niveau de l’oreille interne et qui pourraient s’avérer être efficaces.

Il s’agit de molécules que l’on désigne sous le terme de neuroprotectrices car elles protègent le système nerveux, en empêchant ou en circonscrivant un certain nombre de dégradations dues à l’ischémie, c’est à dire à une irrigation sanguine insuffisante.

Certaines de ces molécules sont déjà utilisées dans certaines atteintes du système nerveux central. Elles pourraient avoir un intérêt dans les organes sensoriels.

Il semble, au vu des derniers travaux scientifiques, que la voie d’administration la plus efficace sera la voie directe, intracochléaire. Il s’agira dans ce cas d’introduire directement un cathéter au contact de l’oreille interne. Des études sont actuellement en cours chez l’animal et il est probable que les années qui viennent verront leur application à l’homme.

Les benzodiazépines

Des résultats intéressants

Certaines molécules sont actuellement utilisées avec de bons résultats statistiques dans l’acouphène chronique invalidant, il s’agit d’une classe de médicaments appelés benzodiazépines.

Inventés en 1959, ce sont actuellement les psychotropes les plus prescrits.

Ces molécules ont quatre effets thérapeutiques : anxiolytique, sédatif, anticonvulsivant et myorelaxant. Elles diminuent l’anxiété et les manifestations qui l’accompagnent.

Parmi les benzodiazépines, celle qui est la plus utilisée dans le traitement des acouphènes est celle qui a les propriétés anti-comitiales les plus faibles.

 

Mais des effets secondaires indésirables

Voici quelques uns de leurs effets secondaires les plus fréquents : somnolence, troubles de l’équilibre, pertes de mémoire, difficultés de concentration, troubles de la libido ou encore prise de poids.

Plus rarement, on peut observer des réactions paradoxales d’excitation et d’agressivité.

Tous ces effets sont très variables d’un individus à l’autre, les sensibilités à ces molécules étant très différentes selon le patient. Il faut toujours faire une dose d’essai avant d’instaurer le traitement pour tester la tolérance à la molécule.

Par ailleurs, en augmentant très progressivement les doses, on se met, dans la plupart des cas, à l’abri des effets secondaires.

Il faut prendre en compte aussi que ces molécules sont susceptibles d’entraîner une dépendance, il faut donc veiller à arrêter le traitement là aussi de manière progressive.

Des résultats intéressants

Malgré ces quelques réserves, les résultats obtenus avec certaines benzodiazépines sont très intéressants.

Une étude menée il y a quelques sur 180 patients (traités uniquement avec cette molécule) a obtenu les résultats suivants :

  • guérison : 5% des cas
  • échec : 21.6 % des cas
  • intolérance : 1.6% des cas
  • amélioration légère (l’acouphène est mieux toléré mais reste très présent avec des hauts et des bas) : 49.4% des cas
  • franche amélioration (l’acouphène n’est quasiment plus entendu) : 22.7% des cas
Au total, ce sont donc 77,1% des patient qui ont vu leur situation s’améliorer.

Les médicaments d’appoint

A côté de ces traitements directement dirigés contre les acouphènes, il peut être intéressant d’utiliser des médicaments d’appoint, comme les thérapeutiques sédatives ou les les somnifères qui permettent d’enrayer l’insomnie.

Pour traiter les conséquences immédiates du stress, on peut utiliser dans l’urgence des traitements anxiolytiques.

L’Homéopathie

L’homéopathie a le vent en poupe, comme d’ailleurs toutes les médecines naturelles.

Beaucoup d’acouphéniques consultent donc les médecins homéopathes. Ceux-ci utilisent la pharmacopée homéopathique traditionnelle, avec cependant des préférences pour certains remèdes :

  • Sédatif PC
  • Baryta carbonica
  • Carbonéum sulfurique
  • China
  • Cofféa cruda
  • Dulcamara
  • Iris versicolor
  • Rhododendron
  • Silicéa
  • Viscum album

 


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